En février 2020, auteur reconnu, May, qui a entre-temps travaillé sur la grippe espagnole, et accumulé une impressionnante documentation sur les pandémies, assiste, via les chaînes info du monde entier, à l'apparition d'un nouveau coronavirus, et à son cortège de catastrophes, semblable à ce qu'il avait imaginé en 2005. Devant autant de similitudes, l'auteur sort Quarantaine de l'oubli. Le résultat est renversant. Il n'a quasiment rien a ajouter à la version de 2005 et les faits qui se déroulent sous ses yeux ne font que lui donner raison. Tout est là : couvre-feu, masques, tests PCR, contagion, confinement, vaccins, cimetières de fortune, peur de l'autre... Le virus de Peter May est juste cent fois plus mortel.

Après la prophétie, qu'en est-il de l'histoire ? Jack McNeil, un inspecteur à quelques heures de quitter la police, enquête sur le corps retrouvé d'une enfant dans le chantier d'un hôpital de campagne. L'identification de la victime va l’entraîner dans une sombre machination dont Londres, sous couvre-feu et livré au pillards, constitue le décor. Au cœur de cette ville en déroute, dont le Premier Ministre est déjà mort du virus, se trame une sinistre course au profit. Alors que des milliers de contaminés comptent leurs dernières heures, un redoutable tueur psychopathe exécute la funeste mission dont un cupide patron de laboratoire l'a chargée.

On le sait, c'est dans les pires moments de l'Histoire que des fortunes se font ou se défont. Dans Quarantaine, roman noir et désespéré, le mal, même combattu, aura presque raison du bien.

Cedric BRU
Traduit de l'anglais par Ariane Bataille