Fernando habite Austin, Texas, travaille comme videur dans une boite de nuit et deale pour un caïd du coin. Santa Muerte commence après qu'il vient de se faire tabasser par un groupe de féroces issus de la MS-13, un gang de sinistre réputation. Indio, le chef dont la cruauté n'a d'égal que le nombre de ses tatouages l'oblige à regarder mourir dans des conditions horribles (dont on vous dispensera du détail) son copain Nestor et le somme de faire passer l'odieux message à son boss Guillermo afin qu'il abandonne à la MS-13 l'essentiel de son sombre commerce.

Dès lors, Fernando horrifié et terriblement marqué par cette scène n'a de cesse de vouloir retrouver l'inhumain Indio pour lui faire payer ses abominations. La température va monter d'un cran quand Guillermo et Consuelo, comme une mère pour Nando, vont aussi être victimes des sbires de la Mara Salvatrucha autre nom du gang exterminateur.

Seul et bouleversé, Nando va confier sa vie à la Santa Muerte, divinité héritée des superstitions latinos, et accessoirement, à un tueur enragé qu'il estime capable de venir à bout des tueurs sanguinaires.

Par delà le réjouissant (si on a le cœur bien accroché) délire d'armes automatiques et de propos guerriers, Gabino Iglesias dresse un portrait saisissant mais aussi poétique d'un monde latino qui peine à se reconnaître dans le rêve américain. Fuyant un Mexique dominé par les cartels, où « à tout moment on peu tomber sur la lie de l'humanité », ses enfants n'ont guère le choix dans leur parcours de vie.

Seule alors reste la prière.

Cedric BRU
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Pierre Szczeciner