Provocateur, Volkoff l'est aussi dans sa manière sans concession d’immortaliser ces jeunes corps fébriles vibrant au son des musiques de leur âge. Empruntant à l'esthétique queer, Hannibal Volkoff témoigne - étant des leurs – d'une vraie complicité quand il nous montre ces enfants du siècle insouciants mais pourtant conscients du parcours abrupt qu'ils auront à emprunter.

Le photographe poursuit aujourd'hui son travail dans un nouveau recueil (initialement annoncé en novembre 2018 mais retardé par une blessure survenue lors d'une manifestation des Gilets Jaunes lors de laquelle – comme beaucoup – il faillit y laisser une part de lui-même) qui s'intitule Nous qui Débordons de la Nuit où il capture dans des clichés puissants et crus la jeunesse fiévreuse des boites gay et des partouzes confidentielles comme celle, plus tempétueuse, des phalanges radicales hantant les manifestations des années 2016/18 (Nuit Debout, Loi Travail, Marche des Fiertés...)

Aux dires de l'auteur, ces photos prises de l’intérieur procèdent du même parcours et se rejoignent dans une explosion similaire quand bombes, cocktails Molotov et jouissances furtives envahissent l'image, faisant de chacune d'elles un authentique manifeste.

Nous Qui Débordons de la Nuit marque aussi le retour à l'écriture du rock critique culte Yves Adrien (à qui nous consacrons actuellement un livre) et qui signe ici une préface et une postface perçantes et lumineuses, marquant ainsi l'éternel intérêt de leur auteur pour toutes les avant-gardes.
Cedric BRU