Agrégée et docteur d’État, Catherine Salles, déjà auteure des Bas-Fonds de l'Antiquité, retrace dans ce passionnant Néron, un parcours plus complexe qu'il n'y paraît et fait la part de la réalité et de la légende.

Fils adoptif de Claude et d'Agrippine et neveu de Caligula, Néron hérite d'un pedigree qui fait frémir. Pourtant ce jeune (il n'a que 17 ans en 54 quand il accède au trône) et beau garçon (son physique avantageux fait oublier la disgrâce naturelle de Claude, son prédécesseur) donne à son avènement toutes les raisons d’espérer pour le peuple de Rome. Avec Sénèque pour les lettres et Burrus pour les armes comme mentors, Néron semble alors conjuguer les qualités parfaites pour devenir un grand monarque.

Les cinq premières années de son règne laissent, en effet, penser que Néron sera un grand empereur renouant avec la gloire passée de la dynastie julio-claudienne. Il est vrai que pendant son quiquennium il fait preuve de modération comme de sagesse dans la gestion des affaires publiques.

C'est précisément cette image de succès qu'il a acquise auprès des Romains qui va bientôt le griser et le faire passer au rang des assassins en série. Débarrassé de Britannicus, héritier légitime, de ses deux précepteurs, et bientôt de sa mère Agrippine qu'il fera exécuter, Néron va se libérer de toutes contraintes et laisser libre cours à ses penchants orgiaques et paranoïaques. Étrangement, de ses nombreux méfaits, l'histoire en a principalement retenu un qui ne fut pas de son fait. En l’occurrence, l'incendie de Rome au cours duquel il eut une conduite exemplaire.

Convaincu, non sans quelques raisons, d'être un grand artiste - il participe à maints concours truqués d'avance pour asseoir son statut d’histrion surdoué – Néron va sombrer dans la folie meurtrière et la démesure en ruinant l’état par des dépenses aussi somptuaires qu'inutiles.

C'est au retour d'un voyage en Grèce, s’apparentant à une véritable tournée de rock star, qu'il sera contraint au suicide par des sénateurs à bout de patience. Les mêmes qui feront voter son maudissement éternel.
Cedric BRU