L'intrigue de Requiem se déroule sur la Gold Coast, au sud de Brisbane, réputée pour ses plages de sable fin et ses complexes de divertissement lors des schoolies, semaine de relâchement étudiants marquant la fin des études secondaires, qui voit nombre de gamins s'éclater sans retenue.

Darian Richards, qui a quitté la police - juste quadragénaire - par lassitude et par désenchantement, débarque dans ce paysage de carte postale à la faveur d'un appel au secours lancé par une jeune femme qu'il a sauvée d'un serial killer un an auparavant. A peine le temps de découvrir deux cadavres et de s'être mis à dos la police locale que Richards se rend compte qu'il aurait mieux fait de ne pas quitter sa chère cabane de pêche. Trop tard, car un piège nauséeux commence déjà à se refermer sur lui.

Dès lors, Tony Cavanaugh nous plonge avec une froide habileté dans une sombre affaire de traite humaine menée par Starlight, dangereuse créature d'une vingtaine d'année, et Carlos son psychopathe de frère qui recrutent leurs proies lors de ces regroupements scolaires.

L'intrigue commence sur les chapeaux de roue et prend vite le lecteur à la gorge. Fausses pistes, terreurs juvéniles et plongée dans le "dark web" font le bonheur des amateurs.

Le style de Cavanaugh est puissant, nerveux et inventif (jeux sur les différents narrateurs) et son sujet original et bien mené. De plus, la destination australe revêt un exotisme depuis longtemps abandonné par les polars US.

A regretter toutefois une certaine confusion dans l'organisation narrative qui n’empêche pas Requiem de rejoindre le contingent des thrillers qui font date.

Traduit de l'anglais (Australie) par Paul Benita

Cedric BRU