En effet, pas de serial killers, pas de femmes fatales ni de flics brisés. Seul point commun, la figure du privé. Même si elle est ici plutôt revue et corrigée.

Isaiah Quintabe est un jeune surdoué issu du ghetto qui va mettre ses capacités intellectuelles hors du commun au service d'un rapper à la dérive. Celui-ci aux prises avec un tueur sanguinaire et ses démons domestiques l'a recruté, ne pouvant se fier à aucun de ses proches, pour ses qualités de petit génie de la déduction et son tempérament désintéressé rarissime sous ces latitudes.

C'est l'occasion pour l'auteur d'introduire le lecteur dans un univers proche de Pulp Fiction où tout est exagérément grossi sous le soleil implacable de L.A. Occasion également de se familiariser avec le monde du rap US, ses excès et ses codes. Joe Ide nous plonge tout au long d'une enquête décoiffante dans le L.A. black & soul de l'ancien South Central de sinistre mémoire.

On y croise, espérant suivre la trace de Tupac, d'Ice T ou de Snoop Dogg, nombre de jeunes blacks aux casiers judiciaires longs comme le bras qui ont depuis longtemps adopté un look et une manière de vivre totalement en marge du système blanc dominant et qui, lorsqu'ils décrochent la timbale font d'eux des jeunes princes couverts d'or bling bling et de femmes voyantes.

Gangs of L. A. entre Carl Hiassen et Chester Himes passés à la sauce gangsta est un petit régal de polar violent et truculent où les vices d'un style et d'un mode de vie sont montrés du doigt avec autant d'humour que de justesse.

Première enquête de Isaiah Quintabe, personnage singulier et attachant, Gangs of L.A. ouvre une série qui ne devrait pas manquer de piquant.
Cedric BRU

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Diniz Galhos