Gilles-William Goldnadel qui avait pourtant publié l'année précédente Le Nouveau Bréviaire de la Haine fut épargné. Gageons qu'avec Névroses Médiatiques il aurait fait partie de la charrette emmenant ces dangereux penseurs vers l'échafaud. L'avocat et très médiatique Goldnadel dont il faut noter (saluer ?) la persévérance à s’élever contre une pensée qui a choisi son camp et associe aujourd'hui sans nuance l'homme blanc coupable de tous les mots, le juif persécuteur de Gaza, le CRS forcément SS en leur préférant « le Palestinien occupé, l'immigré, l'étranger non européen, l'homosexuel. » C'est à partir d'un réexamen de Psychologie des Foules de Gustave Lebon relu par Sigmund Freud que l'auteur pointe adroitement tous les concepts ambigus qui regne aujourd'hui dans notre république des lettres et des médias. Lebon autre grand réactionnaire difficilement fréquentable pour le peuple de gauche qui stigmatisait déjà l'idée de foule responsable à ses yeux de moultes déviances et hypocrisies intellectuelles. Cette même foule qui pour Lebon a « soif de soumission » est prête à suivre sans sourciller la pensée dominante peu scrupuleuse d’honnêteté et le plus souvent née de ses rangs. Ainsi, Gilles-William Goldnadel dans un style d'une richesse qu'on ne lui connaissait pas part à l'assaut de tous ces totems dont notre société s'enorgueillit bien maladroitement et le plus souvent sans avoir pris le temps de valider leur pertinence. Il passe donc en revue ces nouveaux rois autoproclamés de la foule que sont pêle-mêle l'intransigeant mouvement MeToo, l'antiracisme exubérant, l'église cathodique, l'art contemporain et l'islamo-gauchisme suicidaire sur lequel il s'arrête tout particulièrement. Avec un bonheur inégal mais réel, Goldnadel, courageux solitaire, nous amène à réfléchir sur le concept même d'intoxication. Heureuse mise en garde quand on sait que les gaz toxiques sont dorénavant présents à tous les étages.
Cedric BRU