Sa mère, Marie, (cette « emmerdeuse » comme la qualifiait l'administration) femme de devoir aux idéaux souvent brisés, sera pour Marguerite Donnadieu (Duras est un nom d'emprunt) une source d'attirance et de rejet à la fois. Elle n'aura ainsi de cesse de vaincre le signe indien du désespoir et de l’échec planant sur sa famille. Ce sera en premier lieu par le biais d'une sensualité à fleur de peau favorisant nombre de rencontres dont la première – marquante – sera celle de "l'amant" qui contribuera des années plus tard à son immense succès. Arrivée à Paris, elle croise la route du beau Robert Antelme, alors qu'elle est déjà en couple, qui sera une des rencontres essentielles de la vie de Marguerite. C'est pendant l'Occupation, période charnière, que Duras écrit son premier roman Les Impudents, qu'elle perd un enfant à la naissance et qu'elle rencontre Dyonis Mascolo (qui deviendra très ami avec Robert Antelme et l'amant de Marguerite !) Dès lors, une sorte de ménage à trois se constitue sans qu'Antelme ne soupçonne la liaison de sa femme et de son meilleur ami. Pour Duras commence un chapitre de sa vie marqué par la passion amoureuse et l’engagement politique. Résistante puis militante communiste à partir de 1947 (Elle sera exclue du PCF en 1950), Marguerite se plat dans le militantisme. La parution de Barrage Contre le Pacifique lui apporte la célébrité qu'elle attendait depuis des années et la propulse au rang des intellectuels reconnus. A partir de là les réussites s’enchaînent avec Le Marin de Gibraltar, Les Petits Chevaux de Tarquinia. ou Moderato Cantabile tous écrits dans ce style puissant et dépouillé qui fera sa renommée. Sa vie privée devient pourtant chaotique quant elle fait la connaissance de Gérard Jarlot qui contribuera à sa plongée dans l’alcool avec son triste apogée en 1970. Pourtant, Marguerite Duras diversifiera ses activités créatrices avec le cinéma et le théâtre qui s'imposeront comme de nouvelles cordes à son arc. A partir de 1980, elle entamera une relation hors normes avec Yann Andrea de 38 ans son cadet et publiera en 1984 L'Amant qui connaîtra un grand succès populaire et obtiendra le prix Goncourt. Les années qui suivront seront jalonnées de difficultés et d'hospitalisations. Marguerite Duras s'éteint en mars 1996 laissant derrière elle une œuvre dense, riche et singulière où la passion connut toujours sa place.