Au centre des suspects, on retrouve bientôt deux frères – caïds d’une famille d’Irlandais - que Kevin a bien connus dans sa jeunesse quand il habitait la Poche du Diable, coupe gorge du Philly Sud. La famille Farren a, en effet, de sérieux antécédents depuis 1976 où l’un d’eux, Desmond, a péri de façon inexpliquée après avoir été suspecté d’attouchements et de la mort d’une enfant du quartier plongeant sa famille dans le pire des ressentiments. Kevin connait suffisamment bien les Farren, dont les ainés, frères, pères et grand pères sont pour la plupart morts ou derrière les barreaux, pour savoir que rien ne les arrête et qu’ils semblent être ici au cœur d’une terrible histoire de vengeance. Richard Montanari, maitre du thriller horrifique, se recentre ici, en fin analyste de l’âme humaine, sur un polar sombre et cruel qui plonge le lecteur dans les tréfonds des plus bas instincts que des esprits à jamais perdus peuvent nourrir. Montanari compose la plupart de ses thrillers à partir d’un concept fort comme souvent des copycat traités sous nombre de formes. Ici, il bouleverse le genre en introduisant une maladie - particulièrement méconnue qu’elle en semble inventée - dont est atteint le tueur, la prosopagnosie qui le handicape fortement dans son identification des gens qui l’entourent. Billy Farren, parti en croisade pour venger son oncle, doit se munir des photos de ses victimes liées à la disparition de Desmond pour être sûr de les reconnaitre ou, pire encore, de ne pas les confondre. Quand il les observe ou les rencontre, il s’oblige à mémoriser et à se répéter leur apparence physique et vestimentaire. Enfin, une fois ses basses œuvres commises, il dérobe leur acte de naissance pour reconstituer un puzzle macabre. Confession, élu meilleur thriller de l’année 2016 par le New York Times, est une œuvre singulière, envoutante et désespérée où les spectres du passé prennent l’ascendant sur une réalité déviante et déformée. Richard Montanari nous a habitués à des histoires à couper le souffle. Avec Confession, il livre un roman noir digne des meilleurs Ken Bruen ou des plus énigmatiques Mo Hayder. La fin révèle que le Mal se dissimule où il veut et quand il veut.
Traduit de l’anglais (Etats Unis) par Fabrice Pointeau