Nuit Sans Fin renoue après une amorce observée dans Noir Sanctuaire au thriller plus conventionnel. En effet, abandonnant le caractère victorien qui flirtait avec le surnaturel et le para normal Preston & Child propose ici un thriller inquiétant dans lequel Pendergast – à nouveau flanqué de Vincent d’Agosta – poursuit un serial killer « le Coupeur de Tête » qui tue et décapite ses victimes n’ayant pourtant aucun rapport entre eux. Quand Pendergast va découvrir qu’il est le prochain sur la liste, l’énigmatique agent du FBI va mettre en œuvre toute sa science de la psychologie humaine ajoutée à son inestimable expérience criminelle pour contrer le meurtrier. Pourtant, rarement le résident fortuné du 891 Riverside Drive n’aura été autant mis à mal. Incertaine jusqu’aux dernières lignes, l’issue de Nuit Sans Fin réserve bien des surprises et voit nos enquêteurs évoluer sans cesse au bord du gouffre. Thriller particulièrement bien ficelé et toujours aussi bien écrit et parfaitement bien traduit, Nuit Sans Fin contient tous les fondamentaux du genre plaçant la violence, la noirceur et le mystère au premier rang des émotions ressenties à sa lecture. Également la recherche constante de l’originalité et le souci permanent de marier avec bonheur la modernité (connaissance parfaite de la technologie, des méthodes d’investigation…) et une ambiance de thriller historique proche de L’Aliéniste de Caleb Carr et dont La Chambre des Curiosités constitua le climax. Enfin, le dénouement de ce roman fiévreux voit Pendergast exhorter Constance Greene, absente de l’opus, à revenir s’installer au 891 Riverside Drive. Un futur mariage ou l’heure de la retraite pour Pendergast ?
Traduit de l’américain par Sébastien Danchin.