Un roman à succès Mémoire Courte qui lui vaudra le Prix de Flore et l’amitié de Frédéric Beigbeder dont son style se rapproche entrainent le jeune Normand dans la nuit parisienne où il cultive les mauvaises fréquentations et prend de mauvaises habitudes quand l’alcool, la drogue les médicaments et le mensonge l’emportent vite sur un mode de vie compatible avec une activité littéraire et journalistique alors dense. Incapable de ménager sa monture, Rey va sceller son destin dans les toilettes des boites à la mode et les lits des lolitas de passage. De verre en verre et de ligne en ligne, Nico donnera le change quelque temps. Ses livres témoignent de ses manques, ses empêchements et ses nuits, mais après tout cette génération a réinventé la mise en abyme et fait de l’autofiction son credo. En 2006, il entreprend une première rehab, apprend à boire du Coca et à rester le soir chez lui. Apprend à aimer et à faire un enfant. Un Léger Passage à Vide en 2010 témoigne de cette apocalypse intime. On le retrouve à la télé dans l’émission Un Café et L’Addition de sa copine Pascale Clark, où il fait peine à voir derrière son faux bar, enflé comme un sumo, le cœur au bord des lèvres et les yeux vitrifiés. On se dit alors que cette belle promesse littéraire est déjà irrémédiablement brulée. Rey sort des radars, publie quelques titres mineurs et accumule les dettes et les emmerdes. Pourtant, il revient aujourd’hui avec Dos au Mur qui reprend son inlassable thématique de la descente aux enfers et de la rédemption. Le purgatoire sous surveillance. La lumière au bout du tunnel. L’auteur affronte ici un de ses démons les moins connus : la mythomanie déjà évoquée dans son précèdent roman Les Enfants qui Mentent N’iront pas au Paradis. Mais ce travers, excusable chez les écrivains – ils le sont plus ou moins tous - le conduit au plagiat. Honte suprême : vingt pages empruntées à un ami pour boucler un recueil de nouvelles. Facile. On n’y verra que du feu ! Sauf que le copain se rétracte et porte plainte. Rey, déjà guère vaillant, en lutte perpétuelle contre son corps et ses addictions prend ça moyen. Après la déchéance, l’infamie ! Paris et le web littéraire n’aiment rien de plus que bruisser de ces faits divers générateurs de clics. L'auteur raconte son chemin de croix de plagieur petit joueur avec une certaine malice et une délectation acide. Espérer écrire un livre à succès en racontant ses turpitudes d’écrivain fainéant quand on est DÉJÀ au bord du gouffre et qu'on a presque tout perdu c’est tout le pari de Dos Au Mur et plus généralement la catharsis de la littérature. Le résultat encourageant n’est pas encore parfait mais les formules reviennent et l’essentiel est retrouvé : l’élégance… de l’espoir !