et psychothérapeute qui fut précisément un des promoteurs de la Gestalt en France, a longtemps prêché dans un désert français avant d’être accueilli à bras ouverts en Suisse ou aux États-Unis comme nombre de grands intellectuels hexagonaux (Derrida, Girard, Serres…) tant ses méthodes dès les années soixante-dix étaient à contre-courant. Il a bâti au fil des décennies et la publication de nombreux articles et ouvrages une pratique tout à fait singulière baptisée Relance de la Dynamique Personnelle mise en œuvre pour « faire face aux difficultés du moment, aux maux du siècle que sont les dépressions, les burn-out, les traumatismes, les obsessions… » Rien de bien nouveau sous le soleil pourrait-on dire. Sauf qu’Ambrosi relie ces afflictions, entre autres, au non-respect des cycles naturels et à une absence d’écoute de soi (messages intimes, ressentis corporels ou rêves ignorés) et tente de restituer ces savoirs perdus. Le Cas de Madame H met en scène la RDP en nous faisant pénétrer dans le cabinet du praticien où pendant sept mois le thérapeute et la patiente vont se rencontrer pour venir à bout des angoisses provoquée par une insomnie chronique et les conséquences qu’elle a sur le travail ou la vie privée de Madame H.. Davantage qu’un simple film de leurs rencontres, Le Cas de Madame H. livre au lecteur – fait des plus rares – le story board de cette thérapie, à savoir les commentaires écrits et/ou enregistrés de la patiente comme du praticien. Dès lors, nous sommes plongés dans une sorte de thriller psychanalytique ou deux êtres reliés par de minuscules fils vont au prix de lourds silences, de timides avancées, d’incompréhensions nombreuses mais aussi de sourdes victoires retrouver le chemin du mieux-être en acceptant la perspective essentielle d’un changement. Pendant ces sept mois de « thérapie courte », tout va se jouer autour de ce qui sera rapidement nommé le mouvement. Soit ce moment qui suit le réveil où l’on se lève et commence sa journée. Construction d’une précision chirurgicale mais aussi d’une fragilité de verre. Madame H. renvoyée sans cesse à elle-même par un simple mouvement qui est au corps ce qu’un mantra serait à l’esprit va progressivement retrouver son énergie, son empathie et sa sérénité. Le mouvement l’aura aidé à accepter les changements qu’on répugne souvent à amorcer. L’ouvrage de Jean Ambrosi, outre son intérêt scientifique indéniable, nous facilité l’accès à une technique de psychothérapie pragmatique et vivante qu’il a élaborée et qui, désormais, fait école.