En effet, son ambition est différente et sa formulation résolument « grand public ». Nous dirons même que cette étude est en amont des plus marketé. Le titre et le concept – imparables, en sont la preuve parfaite. Rock, péchés et diableries ayant toujours fait bon ménage, on ne pouvait que se jeter sur ce volume dont le sous-titre « Sexe, Violence, Argent. Les Nouveaux Excès de la Musique » révèle la varie nature. Car davantage qu’un essai délétère sur les malheurs du rock, à jamais plombé par les morts et les heures sombres, Anne-Sophie Jahn, en bon petit soldat modeste (tout le monde n’est pas Patrick Eudeline !) mais vaillant et courageux (ce qu’était un Philippe Manœuvre à ses débuts) rassemble sous l’étiquette parfois un peu usurpée des sept péchés capitaux des anecdotes qui n’ont pas toujours grand-chose à voir avec les vices et forfaits sous lesquels ils sont regroupés. Qu’importe, car le grand mérite de ce livre distrayant et renseigné (à base d'interviews récents et de livres parus) est qu’il fait l’impasse sur les méfaits rock’n’rolliens des sixties et des seventies pour se concentrer principalement sur les années 90 et 2000 (si l’on exclut les passages croustillants consacrés à Mötley Crue durant les années 80). Ainsi, sous les drapeaux de la Colère, de l’Envie, de la Luxure, de l’Avarice, de l’Orgueil, de la Gourmandise et de la Paresse sont passées en revue les frasques d’Oasis, Rihanna, Jay-Z et Beyonce, des Libertines ou les turpitudes de Kanye West, Booba, Guns N’Rose ou Suge Knight. De fait, le rock perd un peu de sa superbe maléfique au profit du rap ou du r’n’b. Mais l’éditeur nous avait prévenu en pointant « les nouveaux excès de la musique » Reste un ouvrage foisonnant d’anecdotes souvent bien connues mais habilement rappelées, d’épisodes plus secrets mais incontournables et souvent fondateurs ou enfin de catastrophes et d’affaires qui n’appartiennent qu’au monde de l’outrance incarné par la musique et ses héros sombres ou flamboyants.