La narratrice, jeune fille discrète et mélancolique est la fille d’Antoine Schaeffer, star de la chanson française des années 70/80 donné pour mort après que l’on a retrouvé, abandonnées, sa voiture, sa guitare et quelques minces affaires. Antoine Schaeffer, mélange de Nino Ferrer et de Christophe nimbé de la gloire d'un Johnny Halliday et détenteur de la fortune d'un Michel Sardou. Une rumeur court qu’il aurait été vu à Lisbonne, chanteur des rues clochardisé au panache intact. Dès lors, une quête commence pour cette jeune femme qui n’aura toujours été que « la fille du chanteur ». Trimbalée de maisons en appartements, de sa mère, indigne, droguée et immature – type Nico - à son père, protecteur mais absent ou en proie à ses démons. A Lisbonne, où bien sur elle se rend, elle guette chaque soir son apparition à la terrasse des cafés muni de son tabouret pliant et de sa guitare fatiguée. Elle y croise un paparazzi venu shooter le fantôme de Schaeffer qui lui ment sur ses intentions et la séduit. Qu’importe d’être trompée quand votre propre identité est un doute permanent. Elle rentrera à Paris, convaincue que cet homme éthique, à la noblesse de prince, jouant sans faire l’aumône est bien son père. Celui qui l’a abandonnée mais que pourtant elle aime passionnément. Olivier Adam s’immisce dans l’univers du showbiz et ses passions toxiques. Plus à l’aise à brosser les humbles aux âmes brisées que les ombres dépravées, les laissés pour compte de l’existence que les pop stars flétries, il n’en reste pas moins un écrivain rivé aux fêlures de personnages éthérés et maudits qu’il sait traduire à l’aide d’une palette de mots découragés ramenant vers eux les ombres de Jean-Louis Murat, Léonard Cohen, Vincent Delerm ou Jeff Buckley. Si Olivier Adam n’a pas toujours les clés de ces univers sombres, il en a toutes les références.