En effet, comment ne pas penser à Moins Que Zero ou aux Lois de l’Attraction en lisant Comme des Rats Morts qui loin d’être la traduction littérale du livre reflète d’une manière imagée empruntée à une formule populaire le degré d’ennui de ces pales héros ?__Toutes les ficelles d’Ellis sont là, bien en place. Un chef de bande fils à papa bourré de fric, un garçon psychologiquement instable vite devenu bouc émissaire, un entourage féminin déprécié aux membres interchangeables et un narrateur sans nom au statut hybride entre respect et indifférence de la part de ses pairs. Comme chez Ellis, de nombreuses zones d’ombre recouvrent l’intrigue. Le roman débute par un accident de voiture lors duquel la petite bande écrase et abandonne un inconnu. S’en suit l’étude fine et cruelle des protagonistes dont le seul titre de gloire est de constituer une équipe de natation très performante que la jeunesse préserve des conséquences toxiques de leurs excès. De cette oisiveté naitra des conflits larvés et de sourdes jalousies qui précipiterons les garçons vers une sombre et mortelle tragédie. Si n’était ce mimétisme "ellisien", Comme des Rats Morts, premier roman de son auteur, est une habile réflexion sur l’ennui adolescent et son gout pour de pauvres succédanés d’existence. Belle originalité aussi, cette pratique victorieuse d’un sport de haut niveau particulièrement exigeant qui compense le côté noir de jeunes hommes qui sont à l’age ou tout peut encore basculer. D’un côté comme de l’autre.
Traduit du hongrois par Natalia Zaremba-Huzsvai et Charles Zaremba