Un peu à la manière d’Avant d’Aller Dormir de S. J. Watson (2011. Sonatine Éditions) où l’héroïne atteinte d’une forme particulièrement traumatisante d’amnésie se réveillait chaque matin en oubliant absolument tout d’elle, le roman de Paul Cleave en substituant Alzheimer à l’amnésie joue sur les mêmes ressort : Jerry Grey a-t-il tué les jeunes femmes retrouvées mortes et l’a-t-il oublié, victime de son Alzheimer ? Tout l’accuse : ses fugues de la maison de santé où il a été placé, ses délires en forme d’aveux jusqu’à la distance que sa fille Eva entretient désormais avec lui. Dès lors à qui se fier quand Jerry se heurte à un vaste trou noir ? Seuls, les carnets en forme de journal de la folie qu’il tient, à l’instar – encore - des enregistrements aide-mémoire de l’héroïne de Watson, pourraient détenir la vérité. Mais impossible pour Jerry de savoir ce qu’il en a fait ! Il va dès lors se lancer, aidé de son vieil ami Hans, à la recherche de ces pense- bêtes qui pourraient renfermer les clés du mystère. Chronique cruelle de la mémoire perdue et drame des maladies cognitives, Ne Fais Confiance à Personne agit, certes, sur des systèmes déjà éprouvés (souvenirs flous, amnésie sélective, oublis chroniques…) mais par son traitement singulier et implacable s’impose comme un grand thriller labyrinthique et palpitant.
Traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Fabrice Pointeau