Abordé dans La Malédiction d’Edgar par le biais de la vie de J. Edgar Hoover, patron du FBI pendant 50 ans et ennemi juré des enfants de Hyannis, le sort de Bobby Kennedy, assassiné cinq ans après son frère au moment où il semblait promis à la magistrature suprême, réunit tous les éléments d’une mort aux contours douteux et équivoques. Jusqu’ici l’histoire et les historiens avaient retenus les ambiguïtés de la mort de JFK davantage que celles de son frère. Marc Dugain pourtant nous révèle comment, en pleine contre-culture dont Bobby va devenir un des héros, RFK sera au centre d’un complot bien plus machiavélique encore. Doublant son intrigue d’une enquête sur la mort trouble de ses parents, le narrateur voit toutes ses recherches converger vers Robert Kennedy et le fantastique espoir qu’il fit naitre auprès des communautés défavorisées et des intellectuels en vogue. Pêle-mêle, sont révélées l’importance du LSD pour décimer une jeunesse trop remuante, l’hypnose permettant d’anesthésier des révoltes naissantes et l’association diabolique entre la Mafia et la CIA une nouvelle fois activée contre les Kennedy. Un bémol toutefois quant à la force et l’intérêt inégaux que suscite la mort d’un héros des années 60 et celle d’un couple victime d’une des plus grandes machinations de l’histoire moderne. Reste un livre passionnant porté par une écriture majuscule et le vent de l’Histoire.