Fresque apocalyptique de plus de 600 pages, L’Homme Feu commence alors qu’une terrible infection contagieuse s’est abattue sur la planète. La Draco Incendia Tricophyton ou "Écaille du Dragon" ravage les populations et se transmet à la vitesse du feu. Ceux qui en sont atteints voient leur corps se couvrirent d’une sorte d’écailles luminescentes qui peuvent à tout moment s’enflammer et carboniser immédiatement le contaminé. La Terre n’est plus qu’un immense incendie et les humains tentent de s’organiser contre le terrible virus. Harper est infirmière et a contracté la maladie malgré les précautions prises par le personnel soignant. Dès lors, sa vie va basculer. Enceinte, elle va devoir fuir sa maison car son mari la voit désormais comme le pire des ennemis et se réfugier dans un camp de contaminés étrangement préservés par l’Écaille avec laquelle ils ont "fraternisé" par un système de communion mutuelle : "la Clarté" par laquelle, en rentrant en osmose les uns les autres, ils tiennent la maladie à distance. Le camp est dirigé par Père Storey, un gourou bienveillant qui accueille Harper à bras ouverts. En lisière du territoire des rescapés vit John Rockwood surnommé "le pompier", l’Homme Feu qui donne son titre au roman. Par un phénomène para psychologique il a su dompter le feu et donner vie à un phénix qu’il lâche contre leurs persécuteurs issus de la population saine. La vie dans le camp va se dégrader, faire place aux jalousies et aux crimes. Harper et John en dépit des catastrophes et des fureurs devront fuir et s’organiser un futur dans un monde incertain. Joe Hill, fils de Stephen King aborde pour son cinquième titre le genre du survival (roman de survie) qui a le vent en poupe dans les séries (Walking Dead) ou le cinéma (la Route) américains. Étincelant quoiqu’un peu long, l’Homme Feu regorge d’épisodes mêlant action, fantastique et drame psychologique. Une œuvre palpitante et puissante.
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Antoine Chainas.