A l’instar des Anonymes ou des Assassins, thrillers ultimes sur le monde du renseignement ou les serial killers du même R. J. Ellory, Preneur d’Otages s’impose désormais comme le polar de référence sur le thème de la prise d’otages. Entre The Man Inside et Démineurs, ce deuxième opus de Stefanie Pintoff la place comme une Kathryn Bigelow du thriller contemporain. De la cinéaste, elle a le sens inné de l’action et du suspense. Elle y rajoute sur près de cinq cent pages une sophistication qui ne conduit jamais à une lecture éreintante. Bien au contraire, Preneur d’Otages possède le secret des grands livres d’action : "plus c’est long, plus c’est bon !" Nous sommes à New York pendant les fêtes de Noël et – sortie de nulle part – une femme, devant la cathédrale St Patrick, fixe la foule porteuse d’un panneau "A l’aide". Pitoyable victime d’une saisissante prise d’otages (assimilé par le FBI comme un homicide potentiel), l’inconnue va ouvrir le bal d’un terrible schéma macabre orchestré par un criminel machiavélique. L’homme va très vite exiger la présence d’Eve Rossi, négociatrice du FBI, comme interlocutrice et relais de ses folles exigences, en particulier celle qui consiste à faire venir cinq témoins, comme il les nomme, que rien pourtant ne semble rapprocher, pour avouer leur crime. Réticente au début pour des raisons privées, Eve, consciente que l’homme la connait, va accepter la mission et réactiver la cellule Vidocq constituée de quatre as de l’intervention d’urgence, chacun dans leur domaine. Tous venus de la rue plutôt que de Quantico, ils vont – sans éviter la perte de plusieurs otages – réussir à neutraliser le preneur d’otages. Pourtant, quand tout semble enfin fini, le cauchemar recommence ! Maestria de l’intrigue, justesse des personnages, savant dosage des descriptions et volonté d’aller droit au but sans jamais pour autant céder à la facilité, Preneur d’Otages est assurément non seulement un page turner d’exception mais déjà une référence dans l’univers encombré du thriller.
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Maxime Shelledy