hargot_2.jpgA la suite de Diane Ducret et La Chair Interdite, la maison de la rue Huygens nous propose une nouvelle réflexion sur la sexualité avec l'ouvrage de Thérèse Hargot, jeune et sémillante sexologue (sorte de clone physique de DD…) Une Jeunesse Sexuellement Libérée (ou presque)

Un nombre croissant de questions reste toujours en suspens comme vouloir comprendre où nous en sommes depuis la "révolution sexuelle", depuis la banalisation de la contraception, l'IVG, mais aussi l'arrivée d'Internet. Notre société a tellement mutée en l'espace de quelques décennies, la sexualité s'est libéré. Vraiment ?

L'émancipation acquise nous impose en filigrane de réussir, de prendre les bonnes décisions aux bons moments, d'être sans cesse performant. Comment pourrait-il en être autrement puisque nous disposons de bien plus qu'il n'en faut pour vivre la meilleure sexualité qui soit ?

Là réside le problème. Pourquoi devons-nous être les meilleurs, les plus performants ? Internet et sa profusion de pornographie que commentait déjà Michaela Marzano il y a bientôt dix ans dans ''Malaise dans la Sexualité'', cette facilité d'accès offerte à des jeunes qui veulent s'informer sur ce que "doit" être la sexualité nous propose une vision totalement erronée de la réalité. Ces soi-disantes "performances" sont celles d'acteurs – ou de phénomènes - où le corps est chosifié et dès lors disqualifié. On oublie aussi que si la contraception nous permet de ne plus réduire l'acte sexuel à la reproduction, il n’en reste pas moins qu'elle nous limite ou nous réduit aujourd'hui à des êtres sommés de jouir et de ne plus savoir prendre le temps de nous connaître, de découvrir nos corps, de mutualiser nos émotions et nos sensations.

Libres, certes, mais cette autonomie gagnée n’a pas atténué les normes encore pesantes même si elle les a détournées. Thérèse Hargot nous rappelle aussi qu’une fois de plus, la femme paye un plus lourd tribut : la contraception est un acquis indéniable qui ne devra jamais être remis en cause, mais n'oublions pas que la pilule et autres contraceptifs hormonaux sont des médicaments que l'on donne à des femmes en bonne santé réduisant ainsi (la preuve est faite) leur libido !

On choisit sa maternité, mais pas gratuitement ! L'homme aurait-il accepté cela ? Il y a peu de chance. A contrario, on pourrait penser que ce dernier a moins sacrifié que la femme. Erreur encore. La virilité reste sacrée, et grâce à tous ces avantages, comment l'homme oserait faillir ?! Difficile de l’imaginer.

Thérèse Hargot nous propose un livre accrocheur à la lecture plaisante qui s'adresse supposément aux jeunes mais dont chacun pourra faire son miel. Reconnaissons en particulier à l’auteure de nous rappeler que nous sommes juste humains, faillibles, incertains et que c’est encore cela notre vraie liberté.
Amaelle GRATIAS

Une jeunesse Sexuellement Libérée (ou presque) de Thérèse Hargot. Albin Michel