AC.jpgCCR.jpgOpportunément, les éditions Le Mot et le Reste (rare maison à l’instar de Rivage Rouge, Camion Blanc ou Tristram à publier des textes rock...) font paraître simultanément une biographie d’Alice Cooper et de Creedence Clearwater Revival.

La première est parfaitement écrite par Jean Charles Desgroux et sous titrée Remember the Coop qui résonne comme un avertissement et la seconde est signée par Steven Jezo Vannier, bien connu de nos lecteurs.

Deux bio qu’apparemment tout oppose. Pourtant, ces deux mastodontes des seventies et leurs destinées connurent de nombreuses similitudes, qui, au final, les rapprochent.

Tout d’abord, Alice Cooper, né Vincent Furnier en 1948 à Detroit - ville du métal par excellence – repaire des Stooges, MC5 ou autre Mytch Ryder qu’Alice adorera très vite. Le Alice Cooper Group, après quelques années d’errance et un temps sous la férule de Franck Zappa, toujours amateur de curiosités, va devenir en l’espace de quatre albums et en à peine quatre ans une terrible machine de guerre alliant rock lourd, shock rock et spectacle provocateur qui très vite enchantera les kids gourmands de transgression. Alice va avant tout le monde (Bowie, Grand Funk, Kiss, Motley Crue...) produire un hard rock dévastateur, théâtral, et gore.

Avec Love it to Death, Killer, School’s out et Billion Dollar Babies, le gang signera une tétralogie vraisemblablement sans égale (les quatre premiers Led Zep peut-être...)

Viendront ensuite les maléfices que le rock promène dans ses bagages: ego surdimensionné, alcool, drogues, albums baclés... Sous son seul nom Alice produira avec l’inséparable Bob Ezrin, Welcome to my Nightmare, comédie musicale sombre et macabre peuplée de guest stars prestigieuses et de titres accrocheurs. La musique emmenée par le duo de bretteurs Dick Wagner et Steve Hunter est soignée et calibrée pour les charts.

Ensuite – fin des seventies – plus rien de bon ou presque (sauvons Flush the Fashion & Special Forces du début des 80’s...) Alice avait craché son venin. Ses productions suivantes n’ayant plus de reptiliennes que leurs insaisissables directions.

Il n’empêche, qu’Alice, un temps roi du monde, mérite d’être réévalué après avoir inspiré tout le métal des décennies suivantes. A bientôt soixante dix ans, il tourne toujours en faisant très honorablement le job.

Pour Creedence, Clearwater Revival, idem les errances et les difficultés des débuts, ponctuées par l’interminable attente de trouver un label. Emmené par un John Fogerty autoritaire et omni présent, le groupe restera le même dans l’anonymat comme dans la gloire - d’une efficacité militaire.

Excellents musiciens, c’est également en quatre albums et en à peine plus de trois ans (Green River, Bayou Country, Willy & the Poor Boys et Cosmos Factory) que CCR va conquérir les stades et affoler les ventes.

Groupe expérimenté et discipliné, Creedence pratique un « swamp rock » sans fioritures porté par le voix puissante de John Fogerty. Ces Californiens que leur titre Born on the Bayou et leur son roots firent passer longtemps pour issus de la Louisiane furent vite adoptés par la scène de Frisco à laquelle ils apportaient leur énergie et leur simplicité (morceaux courts, tendus et efficaces plongeant leurs racines dans la musique rock traditionnelle, le blues et le rythm and blues)

Après une succession de hits comme Fortunate Son, Proud Mary ou Up Around the Bend, CCR sera confronté à un violent problème de leadership. En effet, John Fogerty, ayant balayé toute initiative du groupe et en particulier celles venant de son frère Tom, va très vite compromette l’avenir du groupe (le crépusculaire Pendulum sera leur dernière production "presque" tous réunis) et se retrouver seul.

La suite ne sera qu’anecdotique mais CCR avait eu le temps, vanté aujourd’hui par Bruce Springsteen, entre autres, de marquer à jamais la musique américaine.

Deux publications incontournables, composées similairement en émaillant chronologiquement la narration du détail des albums, qui feront la joie des nostalgiques comme des baby rockers.
Cedric BRU

Alice Cooper. Remember the Coop' de Jean-Charles Desgroux. Le Mot et le Reste Creedence Clearwater Revival de Steven Jezo Vannier. Le Mot et le Reste