HC6_.jpgPour avoir eu le privilège de l’interviewer par deux fois et de l'avoir rencontré accompagné de sa jolie famille, nous avons une théorie sur ce fameux concept de disparition qu’on accole volontiers à Harlan Coben.

Déjà, nous parlerions davantage de dépossession et à travers cette récurrence, il nous semble qu’Harlan, depuis ces débuts où il traversait les États Unis avec des copains auteurs comme Jeff Abbot pour vendre ses bouquins, a toujours eu peur de perdre ce qu’il avait gagné par son travail acharné. Il suffit pour s’en persuadé de voir son bonheur d’avoir formé une parfaite famille américaine et de les avoir mis à l’abri de tout besoin.

Harlan a peur de perdre ce qu’il aime : sa famille, son don, ses habitudes... son monde quoi !

Tu Me Manques, dès lors, constitue bien une catharsis où l’auteur nous immerge dans la réalité numérique et la séduction virtuelle qui sont loin de ses conceptions personnelles, lui que nous nous étions permis de traiter un jour de « réactionnaire à la française » ce qui, par ailleurs, n’avait pas semblé lui déplaire...

Il nous avait promis une héroïne policière revenue de tout lors de l’interview consacrée à Six Ans Déjà. Engagement tenu et opus très réussi__ que ce Tu Me Manques aux accents très contemporains pour cette statue main stream qu’est Coben.

Le pitch est une usurpation d’identité comme on en voit des centaines sur le Net et les drames qu’elles peuvent entraîner. Katy, dévorée par son boulot d’officier de police, est désespérément seule. Sa copine Sandy – air connu – va l’inscrire sur un site de rencontres et mettre un terrible coup de pied dans une ruche de vilaines abeilles.

Pour commencer, Katy va étrangement retrouver Jeff, son ex qui l’a plaquée il y a dix huit ans, et le mystère va s’épaissir quand, cédant à la tentation de le retrouver, il semble disparu corps et âme, comme plusieurs femmes célibataire et riches qui fréquentent ce site.

Coben nous promène avec agilité et brio dans les arcanes de la réalité virtuelle et des escrocs, pervers et assassins qui s’y cachent. Katy en recherchant son ex va aussi découvrir les raisons de la mort de son père, vraie légende chez les flics, en soulevant des voiles épais comme des rideaux tirés sur de sinistres secrets.

Tenant son récit sans mollir, Coben nous offre avec Tu Me Manques un de ses meilleurs ouvrages en nous faisant revoir nos certitudes sur ses aptitudes à capter l’air du temps. Harlan Coben s’adapte à tout. A nous de le suivre !
Cédric BRU

Tu Me Manques. Belfond Noir