Aknin_150.jpgBrillante idée de Laurent Aknin et de son éditeur d’avoir donné une suite, même un prolongement original à l’anthologie du cinéma Bis qu’ils construisent depuis deux ouvrages.

Cette deuxième édition revue et augmentée est un pur régal car - béotiens que nous sommes -, nous étions passés lors de notre première lecture à côté, non seulement de films essentiels par leur singularité mais aussi de comédiens et comédiennes qui battirent de formidables carrières loin du festival de Cannes mais tout près des cinéphiles de quartier.

Comment ne pas citer les divines Barbara Steele, Barbara Bach, Karin Dor, Tura Satana, l’égérie de Russ Meyer, Pam Grier que Tarantino ressuscita en en faisant l’héroïne de Jackie Brown sans parler des deux Emmanuelle, la blonde Sylvia Kristel et la colorée Laura Gemser ou la pulpeuse Rossana Podesta qui vient juste de nous quitter.

Idem chez les hommes de Steeve Reeves à Klaus Kinski en passant par Richard Harrisson, Vincent Price ou Lee Van Cleef, voilà des garçons pour qui le ridicule n’existait pas mais l’imagination si !

De plus, et souvent grâce au cinéma italien qui reste le maître incontesté du B, des stars modernes virent le jour : Giuliano Gemma, Fabio Testi, Franco Nero ou Terence Hill.

Car, en parcourant cet ouvrage déjanté, on mesure à quel point, le cinéma Bis fut un cinéma pétri d’inventivité même s’il ne faisait pas l’économie d’une certaine gaucherie voire d’une crétinerie aberrante. Mais c’est bien dans ce cinéma, que le « vrai » cinéma puisa sa légitimité artistique.

C’est grâce à des Dario Argento, Roger Corman, Russ Meyer, Jesus Franco, Roger Corbucci ou John Carpenter (qui comme beaucoup d’entre eux, devint une star) désargentés, fabriquant leurs films avec des bouts de ficelles et les micros cachets de leurs acteurs et techniciens, que naquirent certains des plus grands films des années 70/80 comme L’Exorciste, L’inspecteur Harry ou Délivrance.

On le voit d’autant plus que, pour certains cas, Aknin n’a pas d’autres choix que de placer des chefs d’œuvres du film de genre dans sa classification (Hell Raiser, La Colline a des Yeux, Saw, R.E.C, Evil Dead...)

Dès lors, Le curseur devient difficile à placer. Pourquoi pas New York 1997 (ou sa très mauvaise suite), Conan le Barbare, Kill Bill et bien d’autres ? Ce qui pourrait laisser à penser qu’un certain retour à un cinéma totalement décomplexé est une sérieuse éventualité !

Reste ce qui fait barrage : l'argent et la morale dont le cinéma bis manquaient considérablement.

Dans le cinéma Bis, tous les genres étaient abordés : films X, horreur, gore, fantastique, SF, western, péplum, kung-fu, humour, violence, romance... Il y en avait pour touts les goûts dans une époque où la séance de cinoche valait 3 francs et où la télévision n’eut longtemps que deux chaînes.

Tous les pays s’y collèrent, même si nous nous devons de reconnaître que la France ne brilla guère que par ses belles nymphettes ou ses joyeux corniauds, mais les États Unis et l’Espagne avec l’Italie furent incontestablement les contributeurs de premier plan.

Ainsi, nous vous invitons à parcourir cet ouvrage essentiel à l’iconographie vertigineuse, d’en détailler les génériques, de repérer anachronismes, uchronie et associations impossibles (Maciste et Zorro !!) Le virus s’emparera de vous et vous saurez que vous êtes devenu un cinéphile en parlant autour de vous comme d’un secret caché de Shock de Mario Bava sorti en 1977 en Italie...
Cédric BRU