Les Obsédés Textuels

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Ecrits Meurtriers

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HC6.jpg Tu Me Manques de Harlan Coben. Belfond Noir
Pour avoir eu le privilège de l’interviewer par deux fois et de le rencontrer accompagné de sa jolie famille, nous avons une théorie sur ce fameux concept de disparition qu’on accole volontiers à Harlan Coben. Déjà, nous parlerions davantage de dépossession et à travers cette récurrence, il nous semble qu’Harlan, depuis ces débuts où il traversait les États Unis avec des copains auteurs comme Jeff Abbot pour vendre ses bouquins, a toujours eu peur de perdre ce qu’il avait gagné par son travail acharné. Il suffit pour s’en persuadé de voir son bonheur d’avoir formé une parfaite famille américaine et de les avoir mis à l’abri de tout besoin. Harlan a peur de perdre ce qu’il aime : sa famille, son don, ses habitudes... son monde quoi ! Tu Me Manques, dès lors, constitue bien une catharsis où l’auteur nous immerge dans la réalité numérique et la séduction virtuelle qui sont loin de ses conceptions personnelles, lui que nous nous étions permis de traiter un jour de « réactionnaire à la française » ce qui, par ailleurs, n’avait pas semblé lui déplaire. Il nous avait promis une héroïne policière revenu de tout lors de l’interview consacrée à Six Ans Déjà. Engagement tenu et opus très réussi que ce Tu Me Manques aux accents très contemporains pour cette statue "main stream" qu’est Coben. (lire la suite...).

Visceres.jpg Viscères de Mo Hayder. Presses de la Cité
A l’inverse de nombre de ses confrères (on ne les citera pas pour leur éviter un opprobre supplémentaire...) Mo Hayder n’en finit pas de nous étonner en renouvelant sans cesse son propos et ses intrigues alors qu’elle garde – pour la plupart – un héros récurrent. En effet, du thriller gore, horrifique, psychologique jusqu’au polar macabre, la ténébreuse britannique impose une patte singulière, vivace et terriblement efficace. Viscères est un formidable huis clos qui met en scène une famille séquestrée et torturée par deux inconnus qui semblent reproduire un crime commis quinze ans plus tôt et dont le coupable est pourtant sous les verrous. Ce scénario type La Maison des Otages fonctionne à merveille grâce au soin apporté à chacun des personnages. La famille d’abord, le père grand scientifique persuadé que l’on en veut à sa découverte majeure, la mère, mater dolorosa combative et courageuse, et enfin, Lucia la fille, rebelle semi punk butée et hurlante face aux tortionnaires dont l’un est calme et précis, l’autre plus brouillon et manquant de professionnalisme. Chacun cloîtré dans une pièce, les membres de la famille attendent leur fin dans l’angoisse et la résignation sans penser que Jack Caffery a scellé un pacte avec le Marcheur (cf. tous les ouvrages mettant Caffery en scène) qui promet à l’inspecteur des nouvelles sur la disparition de son frère qui le hante toujours s’il retrouve d’où vient le chien qui l’accompagne depuis peu dans son errance. Télescopages de l’histoire, suspense intense et rebondissement à la hauteur des plus grands donnent à Viscères les atouts maître d’un thriller de grande race.

Red_Fury.jpg Red Fury de George Pelecanos. Calmann Lévy
Lors de la parution de l’avant dernier titre de George Pelecanos, Le Double Portrait, nous soulignions la baisse de régime d’un des meilleurs auteurs de polars des vingt dernières années et mettions modestement en garde « Pely » de ne pas verser, à l’instar d’un Robert Crais, dans le seul livre d’actions. Nous n’aurons pas la prétention d’écrire que l’auteur de Funky Guns nous a entendu mais il a vraisemblablement fait un constat voisin du notre concernant l’état des lieux de son travail. Et là, changement radical ! Pour le plus grand plaisir des amateurs, Pelecanos fait resurgir Derek Strange et John Vaughn de ses cartons pour une aventure échevelée se déroulant... en 1972 ! Strange, quasi vieillard, raconte dans un bar l’histoire de Red Fury, dangereux malfaiteur des seventies surnommé ainsi pour la couleur de ses cheveux et son modèle de voiture. Totale plongée dans les années de black exploitation, coupe afro et black power, Red Fury retrouve les fondamentaux qui nous avaient manqués. Macs et maquerelles, dealers et truands noirs ont mis un couvercle sur Washington que les forces de l’ordre ont bien du mal à soulever. Strange, jeune privé débutant, juste sorti de la police et John Vaughn « Le Molosse » vont chasser Red Fury sans s’encombrer des procédures, mettant leurs indics à contributions et risquant leur vie bien plus qu’à leur tour. Merci George pour ce retour gagnant.

Seymour.jpg Dans son Ombre de Gerald Seymour. Sonatine Éditions
Un choc. C’est le seul mot authentique qui vient à la lecture de Dans son Ombre. Oublions les thrillers fadasses aux ficelles usées jusqu’à la corde. Passons sur les polars se caricaturant les uns les autres. Gerald Seymour offre ici le roman policier que Don DeLillo aurait pu écrire. En permanence dans une sorte d’outre monde au temps suspendu et à l’air vicié, on suit la folie du pouvoir d’Albert William Packer dit Mister, gros poisson de la pègre londonienne, parti de très bas et monté très haut grâce à une volonté et une soif de puissance hypertrophiées, et la traque obsessionnelle de celui-ci par Joey Cann, agent des Douanes atypique et christique, prenant sa mission comme un sacerdoce sacrificiel, qui s’est juré après que Mister ait été remis en liberté de le faire replonger à jamais. Le théâtre des opérations, comme souvent dans les grandes tragédies, se déroule en terrain neutre : la Bosnie ravagée d’après la guerre où le principal lieutenant et ami de Mister a trouvé la mort dans des conditions inexpliquées après avoir monté une opération pharaonique de trafic d’armes. Mister, aveuglé par sa baraka, veut savoir qui a tué son séide et reprendre l’opération là où ce dernier l’avait interrompue (lire la suite).

RA.jpg Illusions Fatales de Rachel Abbott. Belfond Noir
Divine surprise que cet Illusions Fatales. Premier roman d’une inconnue, Rachel Abbott, auto publié initialement en version numérique, le livre a été judicieusement repêché par un Thomas & Mercer bien inspiré. Ce thriller se distingue de ses rivaux (si nombreux !...) par un schéma narratif mêlant l’épistolaire et la narration classique. Il débute par une séance de sexe SM soft jusqu’à l’assassinat par injection de nicotine liquide de l’homme ligoté aux montants du lit. Mais, la victime n’est pas n’importe qui. En effet, Sir Hugo Fletcher est une star du monde des affaires : beau, riche, philanthrope (il s’occupe de jeunes migrantes en détresse par le biais de son association Allium), il est admiré par tout le Royaume Uni. Une enquête s’ouvre sous la direction du compréhensif et doux inspecteur principal Tom Douglas qui va découvrir par les dires des proches du défunt (sa femme Laura au comportement ambigu, l’amie de celle-ci Imogen, sa sœur Béatrice...) que le cher homme n’était qu’un petit tyranneau maniaque et pervers, soucieux de son seul plaisir. Le lecteur découvre tout du persécuteur par les lettres – jamais postées – mais lues désormais qu’elles sont ensemble, de Laura à Imogen où elle raconte par le menu les années d’ignominie et d’humiliation qu’elle a vécues. Après avoir, avec son assistante Becky, passé en revue tous les suspects possibles, Tom découvrira le coupable. Le choix de sa révélation désormais se posera.

Masterman.jpg Rage Blanche de Becky Masterman. JC Lattès
C’est toujours une grande joie de chroniqueur – lecteur avant tout – de ressentir des émotions, pensées depuis longtemps éteintes, au détour d’un polar improbable écrit par une inconnue dont c’est le premier roman. Rage Blanche a eu sur nous ce gouvernement. Déjà, fait marquant au moment où la lecture d’un thriller demande une formation d’ingénieur, il renoue avec l’intrigue unique qui, lorsqu’elle est bien maîtrisée, n’a pas d’égal. De plus, l’héroïne est une presque sexagénaire en rupture de ban du FBI qui va être amenée à reprendre du service après avoir tué un inconnu qui l’agressait. Birgid Quinn, qui à cinquante neuf ans coule des jours paisibles en Arizona, récemment mariée et amoureuse d’un ancien prêtre devenu un illustre professeur, va devoir replonger dans une affaire dite du Tueur de la Route 66 dans laquelle elle avait failli des années auparavant, provoquant involontairement la mort d’une jeune femme et lui valant sa distance du Bureau. Elle fera ce coup-ci merveille contre vents et marais, mari, amis, anciens collègues et vrais faux meurtriers. Becky Masterman a réussit un formidable pari loin d’être gagné d’avance. Son style est charnu, hard boiled, pétri de formules qu’on pourrait trouver chez Ken Bruen ou George Pelecanos. Plutôt viril quoi ! Son héroïne est épatante , petit bout de femme old school, sûre de son fait qui plonge dans un brasier funeste. Un moment intense, inattendu et prometteur.

"Tu Me Manques" d'Harlan Coben

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